Qu’est-ce que le CRM ?

Une nouvelle thérapie du trauma

Le CRM permet de guérir des expériences traumatiques avec une sécurité cérébrale et corporelle suffisante pour que le patient se souvienne, ressente pleinement et intègre la terreur de survie et tous les affects douloureux / intolérables pour que la transformation puisse avoir lieu. Le CRM fournit les ressources et la sécurité nécessaires dans le processus thérapeutique, évitant ainsi de re -traumatiser et de déstabiliser le patient. Le CRM vise à guérir complètement tous les aspects du traumatisme. Cependant, il n’est pas uniquement un outil de gestion des traumatismes. Ce modèle est basé sur l’hypothèse et l’expérience qu’une fois le trauma traité dans tous ses aspects, ses séquelles sont effacées pour toujours. Il est intégré comme une histoire dans la vie de la personne et ne limite plus l’expression de son plein potentiel.

 

Quels sont les défis de la thérapie du trauma ?

De nouvelles découvertes scientifiques suggèrent que le traumatisme doit être traité à des niveaux plus profonds que ceux auxquels on a accès par la thérapie par la parole, la thérapie comportementale ou d’autres approches thérapeutiques bien établies.

Alors, quel est le défi du traumatisme ?

Ce qui est familièrement appelé trauma dans le langage courant (comme étant une « mauvaise passe »), renvoie à quelque chose de différent en termes cliniques. Par définition, le traumatisme n’est pas la mauvaise expérience elle-même, mais le résultat de cette expérience dans le corps et le mental d’une personne. Dans une situation traumatique, une personne est submergée par une douleur physique et/ ou émotionnelle (affect intolérable), qui est ensuite coincée dans le système nerveux. Puisque le corps entier ne peut pas ressentir constamment cette douleur, elle est déposée dans le subconscient (ce qu’on appelle la dissociation). Cela aura deux conséquences indésirables : d’abord, la mémoire cognitive ne peut plus accéder à la douleur et au souvenir de l’événement traumatique (même si la personne peut se souvenir de l’événement); deuxièmement, les réactions de défense (qui sont les dépendances, les symptômes de la CIM-10, les comportements dysfonctionnels et les relations que les cliniciens traitent quotidiennement) qui se perpétuent dans la vie d’une personne.

Le traumatisme affecte la vie de nombreuses façons. Certaines personnes se sont complètement coupées des émotions, d’autres somatisent et ont des migraines, tandis que d’autres développent des addictions ou de l’anxiété, etc..

En outre, il existe deux types de traumatismes. Le premier type consiste en des expériences traumatisantes vécues lors d’un événement (viol, guerre, accident). Le deuxième type de traumatisme advient au cours du développement de l’enfant. Cela signifie que le traumatisme est arrivé au cours du développement de la personne, en particulier au cours des deux premières années de sa vie. Le traumatisme développemental est le résultat d’un attachement perturbé depuis la naissance ou l’accouchement, que ce soit par un séjour à l’hôpital du bébé sans ses parents, ou le fait que les parents se soient montrés « froids » envers le bébé et l’enfant, ou que l’enfant n’ait pas été désiré.

Bien que le traumatisme développemental soit un traumatisme à part entière, ses conséquences sont tragiques lorsqu’il s’agit de guérir d’autres traumatismes qui surviennent. Ceci est dû au fait que le cerveau humain a besoin de ressentir un certain degré de sécurité et d’attachement pour traiter le traumatisme. Si la sécurité et l’attachement sont exactement ce qui manque, ni les événements traumatisants ni les traumatismes développementaux ne peuvent vraiment être guéris. Le système nerveux fermera ou provoquera des réactions émotionnelles ou même physiques douloureuses en réponse à la tentative d’accès au traumatisme, ce qui rend la thérapie du trauma particulièrement difficile.

 

En quoi le CRM est- il unique ?

En résumé : le CRM ne prend pas seulement en compte le traitement des expériences traumatiques (et les traumatismes liés au développement). Il a également été développé pour fournir au client des outils, qui le ressourcent de telle façon que le système nerveux ne résiste plus à la guérison, menant ainsi à la guérison de tout type de traumatisme, y compris le traumatisme développemental. Les obstacles et les blocages à la thérapie et à la guérison sont des problèmes de processus qui sont directement abordés dans ce modèle.

Le CRM permet une d’accueillir pleinement le chagrin profond, la rage, la honte, le dégoût la terreur et permet la libération des « vérités de sa vie » et facilite l’intégration de tous les aspects de l’expérience dans son être, créant le lien ultime avec le soi, conçu comme mental-corps-esprit.
Le CRM reconnaît que la capacité à « rester éveillé » à la vérité de notre vie dans les séances et au jour le jour, sans l’envie de retourner au « sommeil » par des réponses de défense et de dissociation, fournit l’occasion d’être dans une relation d’amour authentique avec nous-mêmes d’abord et avant tout. De là vient notre capacité à entrer pleinement dans des relations saines avec les autres, aussi bien en tête-à-tête qu’en communauté, localement et plus globalement, dans le monde. La réalisation / manifestation de l’interconnexion entre notre « vrai soi, spirituel » qui n’est pas défini par le traumatisme, ni par notre corps humain, et notre relation avec les autres et la terre sur laquelle nous vivons, permet à l’amour de se potentialiser et de s’actualiser d’une manière qui crée un changement dans le microcosme de notre monde interne, de nos familles et du macrocosme du monde dans son ensemble.

 

Échafaudage neurobiologique du CRM

Le CRM est basé sur des méthodes fondées sur des recherches neurologiques de pointe et incorporées dans le modèle CRM par Frank Corrigan, psychiatre (voir le livre pour plus d’informations sur la neuroscience du CRM). Elles ont mis à jour l’échafaudage neurobiologique qui permet au cerveau de créer un état physiologique suffisamment sûr pour que les réponses de peur soient reconnues comme appartenant au passé, pas au présent : cela permet au client d’être pleinement ancré dans le présent pour traiter la réalité appartenant au passé. 7 ressources primaires et 5 ressources secondaires sont utilisées tout au long du traitement avec le CRM. Ces ressources proviennent toutes du client et ont un impact sur le fonctionnement des systèmes de bouclage subcorticaux du mésencéphale qui perpétuent les symptômes et la dissociation plutôt que l’affiliation et la connexion. Peu de ressources inhérentes au CRM sont de nouvelles inventions. C’est la combinaison, le séquençage, l’écoulement et l’utilisation imbriquée de ces ressources qui permet aux clients de guérir complètement.

En particulier, les événements à l’origine des symptômes, qualifiés d’événements « racines de pissenlit » (aigus ou chroniques et souvent associés à une perturbation de l’attachement), qui catalysent les réponses de défense et la dissociation, sont ciblés dans le traitement plutôt que leurs séquelles symptomatiques. Les systèmes de boucles neurobiologiques allant du tronc cérébral au corps, du mésencéphale au cortex et inversement sont démantelés grâce au processus de ressourcement neurobiologique par strates. Cela rend le modèle différent de beaucoup d’autres et assez efficace là où d’autres approches ont échoué. La construction d’un échafaudage de ressources, leur emboîtement simultané ou séquentiel, et l’utilisation des positions oculaires pour ancrer ces ressources tout au long du travail thérapeutique qui est la base de la guérison de l’esprit / cerveau par le CRM.

 

En quoi le CRM est-il différent des autres outils thérapeutiques et des thérapies du trauma ?

  • Le traitement traditionnel par phases ne s’applique pas dans ce modèle car la stabilisation, le traitement et l’intégration se produisent simultanément tout au long du travail. Le travail de ressources en CRM est considéré comme une partie concomitante du travail traumatologique plutôt que comme un mécanisme permettant d’éviter la douleur la plus profonde.
  • L’échafaudage en plusieurs couches de ressources CRM crée simultanément plusieurs systèmes de bouclage parallèles dans la plupart des structures cérébrales, ce qui permet de cibler les expériences aiguës ou chroniques qui précèdent le moment d’impact avant l’apparition des réponses FFF (fight, flight, freeze : combat, fuite, gel, se cacher, éviter, se soumettre…,) ou des réponses dissociatives. De nombreux niveaux et types de ressources permettent l’activation de nombreuses boucles neurophysiologiques qui gardent le système parasympathique activé pendant que le traitement du traumatisme. De cette façon, les émotions / affects peuvent être pleinement ressentis sans re – traumatisation et sans cognition négative, sans comportement dysfonctionnel, et sans que la réactivité relationnelle soit activée et bloque le plein l’accès au matériel traumatique et sa résolution.
  • Les ressources CRM aident le client à être pleinement conscient et incarné dans le moment présent, ce qui permet l’extraction et l’extinction de l’affect intolérable et des boucles neurophysiologique du trauma qui pilotent conduisent/drive les réponses de défense (Ex. Addictions, symptômes DSM, problèmes relationnels et cognitions négatives) : ils qui sont rendus inutiles et donc démantelés sans débordement ni abréaction.
  • Les thérapeutes formés au CRM apprennent à différencier le traitement authentique des abréactions et des boucles qui amènent à tourner en rond (comme dans une roue de hamster). Celles-ci sont traumatisantes et n’entraînent pas de changement durable dans le comportement, les connaissances ou les relations avec soi et les autres. Les thérapeutes apprennent à s’adapter aux processus du client et à ses besoins instantanés, à la fois par l’étude du modèle CRM et par des séances de psychothérapie CRM qu’ils suivent.
  • Le CRM n’est pas considéré uniquement comme un modèle de traitement des traumatismes ; c’est le moyen d’éliminer les « boues » neurobiologiques pour permettre l’accès au soi authentique, à la conscience la plus élevée et à l’expansion personnelle. L’attention et la concentration sur ce niveau de développement personnel et l’incarnation cohérente d’un soi non-intentionnel qui n’est pas défini par un traumatisme sont abordées et travaillées directement avec le CRM et sont considérées comme le but ultime de la guérison.
  • L’accent est mis sur la psycho-éducation des clients : ils sont incités à utiliser le travail de ressource entre les séances. Le travail vise à développer leur confiance en eux et la foi en leur capacité d’auto-guérison (ils ont en eux tout ce dont ils ont besoin pour guérir). L’intention est de renforcer leur autonomie, leur efficacité, leur capacité à s’auto- réguler au jour le jour et leur capacité à maintenir les bénéfices de la thérapie.
  • La santé mentale et le travail personnel du thérapeute sont considérés comme primordiaux pour l’efficacité du CRM.
  • D’autres modalités thérapeutiques considèrent encore que l’amygdale est la structure qui génère la réponse de défense. Le CRM postule que toutes les réponses émotionnelles et les réponses de défense associées au traumatisme proviennent du mésencéphale et de la substance grise péri- aqueducale dans le tronc cérébral supérieur, tout comme les ressources de soin, de jeu et de joie.
  • La thérapie par la parole ou d’autres types de traitement des traumatismes (non-CRM), se concentrent sur le cortex et l’amygdale dans le contexte de l’apprentissage de la peur. Le CRM fonctionne à partir mésencéphale, où les réponses émotionnelles et les réponses de défense sont générées – à la fois pour le traumatisme et surtout pour le travail de ressource, permettant ainsi l’accès au souvenir ou à la mémoire (corporelle) de l’état traumatique et le changement subséquent des mécanismes neurobiologiques pour gérer le matériel traumatique.
  • Les obstacles et blocages à la thérapie et à la guérison sont traités.
  • L’utilisation du modèle crée et approfondit la relation thérapeutique ; ce n’est pas la relation qui permet l’utilisation du modèle.

 

L’alchimie de la guérison

Toutes les ressources du CRM sont basées sur le corps. Ceci est une déclaration audacieuse quand on sait que les patients dissociatifs sévères ont des difficultés à s’incarner, à être pleinement conscients de leurs sensations corporelles. Chaque ressource utilisée est ancrée, associée à une position oculaire. Les positions des yeux associées aux ressources peuvent être avec tout type de dissociation (de la dissociation légère que nous subissons tous à un moment donné de notre vie, jusqu’au trouble dissociatif de l’identité).
Activer la grille d’énergie de guérison corporelle, améliorer les processus d’attachement neurobiologiques dormants, identifier et se connecter avec le noyau et l’essence spirituelle sont des outils qui permettent d’augmenter son potentiel de guérison.

Bien qu’il existe des similitudes perceptibles avec d’autres approches du traitement des troubles traumatiques complexes, le CRM inclut spécifiquement des modalités telles que le modèle de traumatologie de Colin Ross et les compétences respiratoires et somatiques du travail de guérison de Barbara Barnett. Cependant, l’une de ses forces est qu’il peut être considéré comme contenant les concepts et les outils les plus efficaces dans un format facile à utiliser. Le CRM offre l’opportunité de se reconnecter à son vrai Soi et à la capacité d’incarner l’amour dans ses actions. Se souvenir et se reconnecter à nos ressources internes et ancestrales et à notre joie est aussi important pour ce processus que l’intégration de souvenirs traumatiques et douloureux grâce à l’élimination des émotions pénibles qu’ils ont portées. Se reconnecter aux ressources innées dans le soma tout en éprouvant notre douleur permet la transformation de la souffrance, du gel émotionnel et comportemental, et la manifestation de notre but suprême par l’action tout en vivant dans un corps humain et physique. C’est ce que nous désirons, ce que nous cherchons, consciemment ou inconsciemment. Cet aspect de l’évolution et de l’expansion personnelle est ouvertement abordé et travaillé avec le CRM.

En savoir plus sur CRM dans un article de Newsweek ici..

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